Etre avec les gens qu'on aime , cela suffit.




On était là , ensemble, dans cet endroit si cher à notre enfance , où l on aimait se retrouver quand les problèmes nous submergeaient , notre unique échappatoire , le grenier de grand –mère .
Avachies sur ce bon vieux matelas ,d'un rose délavée par le temps .Une vague de nostalgie nous envahissait . Il avait encore cette agréable odeur de bonbon à la violette , qui nous rendait si gourmande. Il faisait nuit , une nuit froide d'hiver sous la neige , les flocons virevoltaient .
Seul les rayons de lune ,qui perçaient au travers le la vitre pleine de buée, nous éclairaient.
Tu y dessinas un c½ur .La lune était vraiment belle , rarement aussi belle un soir d'hiver.
Tu étais vêtu d'un gros pull en laine de grand –mère , un trou au niveau de l'épaule gauche laissait découvrir que tu avais la chair de poules .Pour nous réchauffer , nous partageâmes une grande tasse de chocolat chaud .Tu me laissais toujours commencer , tu n'aimais pas la crème du lait chaud . Pourtant je trouvai que c'etait le meilleur .
Au travers de la vielle fenêtre usée , une légère brise se faisait sentir et le sifflement du vent se mêlait à la mélodie de Blowing in the Wind que laissait s'échapper le vieux tourne disque de grand –père .
On était là , ensemble ,à regarder de vieilles photos en noir & blanc , détériorées par le temps .Ce temps qui ne cesse de défiler , de plus en plus vite . Beaucoup trop vite . Comme nos cigarettes qui diminuaient à vue d'½il. Un petit tas de cendre tomba sur l'une des photos . Elle datait de décembre mille neuf cent quatre vingt quatorze , il y a exactement quinze ans . C'était nous , bras dessus bras dessous , le sourire aux lèvres , les deux inséparables , toujours ensemble .
On se regardait , les yeux humides et esquissait un sourire . Cette époque nous manquait , nos folles histoires ,nos rendez vous secrets .
Une étoile filante traversa le ciel , tu pris alors mes deux mains contre les tiennes , me regarda dans les yeux et me fis la promesse qu'un jour on partirait loin d'ici , loin de là .
Je sortis alors le vieux polaroid , souffla dessus pour enlever la poussière et immortalisa , cette nuit de janvier deux mille neuf.



Etre avec les gens qu'on aime , cela suffit.

# Posté le jeudi 19 novembre 2009 17:07

Modifié le jeudi 19 novembre 2009 17:21

J'aurais voulu tenir ta main, au moins une fois .

J'aurais voulu tenir ta main, au moins une fois .

Les feuilles tombaient. Les feuilles mortes d'automne.
Ton sourire se fanait à la même vitesse que leur chute.
Je te vois danser. Encore et toujours.
Ne t'arrêteras-tu jamais ?
Virevolter dans ces feuilles s'entassant à terre. Elles s'envolaient avec toi.
Ton sourire m'appelait à te suivre, à te rejoindre. A m'accompagner dans la ronde des feuilles mortes.
Et moi qui courait vers toi. Et toi qui me souriait, pour t'évader toujours un peu plus loin.
Je restais là, au même rang que ces feuilles d'automne : mort.

S.<3


# Posté le samedi 07 novembre 2009 19:05

Que me reste-t-il, de t'avoir aimé ?.Reste que ma voix, sans écho soudain.Reste que mes doigts, qui n'agrippent rien.Reste que ma peau, qui cherche tes mains.Et surtout la peur, de t'aimer encore.Demain presque mort ...

Que me reste-t-il, de t'avoir aimé ?.Reste que ma voix, sans écho soudain.Reste que mes doigts, qui n'agrippent rien.Reste que ma peau, qui cherche tes mains.Et surtout la peur, de t'aimer encore.Demain presque mort ...



"On me l'a tellement dit, de l'oublier. Mais, même si je l'aurais voulu, je n'aurais pas pu. Il y a toujours quelque chose qui me ramènera vers lui. Une chanson, une odeur, un lieu, certaines paroles, certains gestes. C'est comme si, tout a coup, il apparaissait de nul part. Et les souvenirs reviennent, même si c'est vrai, il n'y en a pas eu forcément beaucoup, surtout pour lui j'imagine. Mais j'ai tout gardé, moi. Je m'en souviens, moi. Alors, oui, peut-être que je possède une mémoire sélective, que je ne retiens que ce que je veux, comme il dit, mais ce sont des moments de bonheurs. J'aime replonger, creuser dans mon esprit pour les revivre. Certes, virtuellement. Mais ça me fais du bien.

Et, comme une conne, je me mets a sourire. "

# Posté le samedi 07 novembre 2009 17:20

Serrer vos grands-parents dans vos bras et dites : "Merci d'avoir fait ce que tu as fait pour que je puisse exister !"

Serrer vos grands-parents dans vos bras et dites : "Merci d'avoir fait ce que tu as fait pour que je puisse exister !"


Lundi 16 février 1981. 11 heures .

J'entends un rire de femme venant du 46.
Un quart d'heure plus tard , le garçon d'étage frappe à la porte, dépose deux petits déjeuners et ressort.Je m'approche et j'écoute :
Elle : " Oh , c'est superbe " Lui : " Mais tout le monde peut faire ça ! "
Elle : " C 'est le chocolat comme je l'aime" ( Il a un rire gras )
Mon service m'appelle ailleurs.Quand je reviens vingts minutes plus tard , le sujet d conversation est le même .
Elle : " Je ne sais vraiment pas comment ils ont fait ça. "
Le garçon d'étage frappe à la porte, reprends son plateau , sort.
Elle : "Ah ces Italiens !" puis " Oh non , ne fais pas ça ! J'ai des problèmes .Je le jure ! T exagères ! "
Je les entends s'embrasser.
Elle : " T'exagères ! Je ne suis pas allée au gros cabinet ce matin ..." Puis elle s'exclame : " Oh , j'ai oublié de fermer à clé " .
On tourne la clé dans la serrure .
A 13 heures , ils font l'amour bruyamment et je quitte mon service .



Mardi 17 février. 11 heures 20.

Je passe devant le 46. J'entends la femme dire : " Je t'avais prévenu en partant " , puis c'est le silence .
A 12 h 40 , ils sont sortis .J'entre. Pièce maitresse du décor , l'indescriptible paire de chaussure , sous la table, qui éclipse tout le reste .Puis je remarque , éparpillés dans la chambre , les objets suivants : une cartouche de cigarettes " Camel" ,une paire de lunette " Ray Ban " , une minicasette "Sony" avec deux paires d'écouteurs , des casettes ( Bernard Lavilliers , les Doors ...) , des livres : " Eurocar " , " Retour à Brooklyn " de Selby , " Le complos du Caire " de gérard de Villiers , " La grande chasse aux requins " de Tomson , et trois alums de bandes dessinées : " Les Celtiques " et " Fable de Venise " de Hugo Pralt , " A suivre " spécial John Lennon .
Un couteau et son étui, un livre de M.V Stumza sur la médecine aérospatiale , des notes sur le même sujet et du papier à en-tête de la mairie de Carcasonne . La nuit , l'un d'eux porte un pyjama rayé et l'autre une combinaison en soie noire et une liseuse rose . Tous les vêtements sont accrochés dans l'armoire .
Il reste dans le sac de voyage deux culottes de femme , des tampons hygiéniques , un slip d'homme, un tube et un pot de vaseline.Grand désordre dans la salle de bains.



Mercredi 18 . 10 heures .

La chambre est vide . Ils ont quitté l'hôtel. Sur un bout de papier jeté dans la corbeille , le texte suivant , écrit au crayon : " Ghetto , Cour du Malte et de bouche dorée . Corte del Maltese , escaliers de bois , rue de l'amour , des amis .Le pont des merveilles . Sur le retour , vieux ghettos , escalier fou , ture rats d'égoûts . N'existe plus . Maisons fenêtres murées . Cours secrète des arcanes, Candélabres , Chasseresse , Flèche, Arc , Vaches. Etoiles à six points . Un cercle. Jeune fille nue . Sol . Noms anges déchus : Samaël , Sataël , Amabel , Passage étroit de la nostalgie , le pont de la nostalgie , Sérail des hébreux , des belles idées. Chauves-souris dans niche albâtre. "
Ils ont oublié une culotte et des chausettes qui sèchent sur le radiateur de la salle de bains .Les serviettes trainent , éparses , et l'eau coule encore dans le lavabo .


# Posté le dimanche 13 septembre 2009 10:38

Modifié le dimanche 13 septembre 2009 11:11

Tout se gagne , tout se perd .

Tout se gagne , tout se perd .
"As-tu la moindre idée du mal que tu lui as causé, de la solitude dans laquelle tu l'as plongé, sais-tu combien ça a duré ? Te rends-tu compte que cet idiot avait le coeur si abîmé qu'il trouvait encore le moyen de prendre ta défense, alors que je faisais tout mon possible pour qu'enfin il te haïsse.
- Peux-tu compter le nombre d'années qu'il lui aura fallu pour accepter de tourner la page, pour réussir à se défaire de toi ? Pas un recoin de Berlin où nous ne marchions le soir sans qu'il me parle d'un souvenir de vous que lui rappellaient la devanture d'un café, un banc dans un parc, une table dans une taverne, les berges d'un canal. Sais-tu combien de rencontres furent vaines, combien de femmes qui tentaient de l'aimer se sont heurtées tantôt à ton parfum ou à l'écho de tes mots imbéciles qui le faisaient rire.

<< J'ai dû tout apprendre de toi ; le grain de ta peau, tes humeurs du matin qu'il trouvait si charmantes sans que je comprenne pourquoi, ce que tu prenais au petit déjeuner, la manière dont tu nouais tes cheveux, maquillais tes yeux, les vêtements que tu préférais porter, le côté du lit où tu dormais. J'ai dû écouter mille fois les morceaux que tu apprenais à ta leçon de piano les mercredis, parce que l'âme en lambeaux il continuait de les jouer, semaine après semaine, année après année. Il m'a fallu regarder tous ces dessins que tu faisais à l'aquarelle ou au crayon à papier, ces stupides animaux dont il connaisait chaque nom. Devant combien de vitrines l'ai-je vu s'arrêter, parce que telle robe t'aurait plu, parce que tu aurais aimé telle peinture, tel bouquet. Et combien d'autres fois me suis-je demandé ce que tu avais bien pu lui faire pour lui manquer à ce point ?

<< Et quand enfin il commençait à aller mieux, je redoudais que nous croisions une silhouette qui te ressemble, un fantôme qui lui aurait fait rebrousser le chemin parcouru. Elle fut longue la route vers cette autre liberté. Tu me demandais pourquoi je t'ai menti ? J'espère que tu as maintenant compris la réponse."




Le temps peut permettre d'effacer certaines douleurs, certains visages, certains sons, certains regards et peut être même certains sentiments. Mais parfois il suffit d'un seul mot, pour que l'objet de notre oublie refasse surface dans l'océan de la mémoire...

*

# Posté le dimanche 13 septembre 2009 08:14

Modifié le dimanche 20 septembre 2009 16:15