On était là , ensemble, dans cet endroit si cher à notre enfance , où l on aimait se retrouver quand les problèmes nous submergeaient , notre unique échappatoire , le grenier de grand –mère .
Avachies sur ce bon vieux matelas ,d'un rose délavée par le temps .Une vague de nostalgie nous envahissait . Il avait encore cette agréable odeur de bonbon à la violette , qui nous rendait si gourmande. Il faisait nuit , une nuit froide d'hiver sous la neige , les flocons virevoltaient .
Seul les rayons de lune ,qui perçaient au travers le la vitre pleine de buée, nous éclairaient.
Tu y dessinas un c½ur .La lune était vraiment belle , rarement aussi belle un soir d'hiver.
Tu étais vêtu d'un gros pull en laine de grand –mère , un trou au niveau de l'épaule gauche laissait découvrir que tu avais la chair de poules .Pour nous réchauffer , nous partageâmes une grande tasse de chocolat chaud .Tu me laissais toujours commencer , tu n'aimais pas la crème du lait chaud . Pourtant je trouvai que c'etait le meilleur .
Au travers de la vielle fenêtre usée , une légère brise se faisait sentir et le sifflement du vent se mêlait à la mélodie de Blowing in the Wind que laissait s'échapper le vieux tourne disque de grand –père .
On était là , ensemble ,à regarder de vieilles photos en noir & blanc , détériorées par le temps .Ce temps qui ne cesse de défiler , de plus en plus vite . Beaucoup trop vite . Comme nos cigarettes qui diminuaient à vue d'½il. Un petit tas de cendre tomba sur l'une des photos . Elle datait de décembre mille neuf cent quatre vingt quatorze , il y a exactement quinze ans . C'était nous , bras dessus bras dessous , le sourire aux lèvres , les deux inséparables , toujours ensemble .
On se regardait , les yeux humides et esquissait un sourire . Cette époque nous manquait , nos folles histoires ,nos rendez vous secrets .
Une étoile filante traversa le ciel , tu pris alors mes deux mains contre les tiennes , me regarda dans les yeux et me fis la promesse qu'un jour on partirait loin d'ici , loin de là .
Je sortis alors le vieux polaroid , souffla dessus pour enlever la poussière et immortalisa , cette nuit de janvier deux mille neuf.



